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L'Ossature

Combien de protéines par jour après 45 ans ?

Les repères officiels visent à éviter la carence, pas à préserver le muscle. Ce que change la périménopause sur vos besoins protéiques réels.

Solène Geoffroy · Diététicienne nutritionniste · RPPS 10008219734 Publié le · 3 min de lecture

C’est l’une des questions les plus posées et l’une des plus mal répondues, parce que la réponse courante — « 0,8 gramme par kilo » — répond à une autre question que la vôtre.

Le repère officiel ne vise pas ce que vous croyez

La référence d’environ 0,83 g/kg/jour a été établie pour définir l’apport minimal évitant un déficit chez l’adulte en bonne santé. C’est un plancher de sécurité, pas un objectif de préservation musculaire.

Pour une femme de 65 kg, cela représente environ 54 g par jour. De quoi ne pas être carencée. Pas nécessairement de quoi conserver sa masse musculaire pendant la décennie où elle décline le plus vite.

Ce que change la périménopause

Deux mécanismes se cumulent après 45 ans. Le muscle devient moins sensible au signal protéique — il faut davantage d’acides aminés pour déclencher la même synthèse. Et la baisse des œstrogènes retire un facteur protecteur du tissu musculaire.

Vous trouverez en ligne quantité de fourchettes plus élevées, présentées comme des repères établis. Nous n’en citerons aucune, parce qu’aucune n’est rattachable à une autorité sanitaire française. Lors de l’actualisation des repères du PNNS, l’Anses a limité son expertise à la population adulte et renvoyé explicitement les populations spécifiques — dont les personnes âgées — à un travail ultérieur.

Le seul repère français majoré concerne une situation médicale précise : la dénutrition avérée, pour laquelle la HAS vise 1,2 à 1,5 g par kilogramme et par jour, dans le cadre d’une prise en charge diagnostiquée. Ce n’est ni un objectif de prévention, ni un chiffre à s’appliquer seule.

Retenez donc une direction plutôt qu’un nombre : un peu au-dessus de la référence de non-carence, ajusté avec un professionnel. En cas de maladie rénale ou de traitement au long cours, la question se tranche avec un médecin, pas avec un article.

La répartition compte autant que le total

C’est le point le plus négligé. Le muscle ne stocke pas les acides aminés : il répond à des signaux ponctuels. Un repas apportant 50 g de protéines ne produit pas deux fois l’effet d’un repas en apportant 25.

Le schéma français habituel concentre presque tout le protéique au dîner. Résultat : un seul signal sur vingt-quatre heures, et une longue plage sans stimulus.

Viser une source protéique identifiable à chacun des trois repas est plus efficace que d’augmenter le total en gardant la même répartition. Concrètement, c’est souvent le petit déjeuner qu’il faut revoir : c’est là que le déficit est presque toujours le plus marqué.

À quoi ressemblent 25 g de protéines

Ces équivalences sont des ordres de grandeur, destinés à donner une intuition de ce que pèse une portion protéique dans une journée. Les valeurs exactes varient selon la coupe, la cuisson et la marque : la table de composition Ciqual de l’Anses fait référence si vous voulez le détail.

  • 125 g de blanc de poulet ou de dinde
  • 130 g de poisson blanc
  • 3 œufs entiers
  • 200 g de fromage blanc à 3 %
  • 150 g de tofu ferme
  • 200 g de lentilles cuites, associées à une céréale
  • 25 à 30 g de poudre de protéine

Les sources végétales demandent une association pour couvrir l’ensemble des acides aminés — le duo légumineuse et céréale reste le plus simple.

Ce qu’il faut retenir

Le total compte, la répartition aussi, et les deux ne servent à rien sans travail de résistance : les protéines fournissent le matériau, l’entraînement donne l’ordre de construire. C’est le sujet du dossier muscle.

Ces repères sont généraux. Un besoin protéique se personnalise en fonction du poids, de l’activité, de la fonction rénale et des traitements en cours. Consultez un diététicien pour un plan adapté.

Sources