Traitement hormonal de la ménopause : bénéfices et risques
Ce que disent la HAS et l'Inserm sur le rapport bénéfice-risque du traitement hormonal de la ménopause, citations exactes à l'appui, sans parti pris.
Relu par Camille Rime, Médecin généraliste — RPPS 10101000601.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM, aussi appelé THS) fait l’objet d’un rapport bénéfice-risque réévalué par la Haute Autorité de Santé en 2025 et détaillé par l’Inserm. Cet article rassemble uniquement des citations exactes de ces deux sources : aucune reformulation, aucune synthèse propre. Il ne remplace pas un avis médical individualisé.
Ce que recouvre le THM
L’Inserm le définit ainsi : « Le traitement hormonal de la ménopause (THM) combine schématiquement un œstrogène et un progestatif. Il peut être prescrit lorsque la nature et l’importance des troubles climatériques et du risque osseux de la patiente le justifient. »
Les bénéfices cités par les sources
L’Inserm liste les effets suivants du THM :
- Sur les troubles du climatère : « il réduit les symptômes gênants de la ménopause et les troubles génito-urinaires. »
- Sur le risque osseux, concernant l’ostéoporose : « en préservant la densité et la microarchitecture osseuse, le THM est le seul réel traitement qui permet de limiter l’évolution vers l’ostéoporose. Il réduit le risque de fractures osseuses de 30 à 40 %, même chez les femmes à faible risque. »
- Sur l’espérance de vie : « il a été associé à une baisse de 30 % de la mortalité globale chez les femmes ménopausées traitées entre 50 et 60 ans, un effet avant tout liée à la baisse de la mortalité cardiovasculaire. »
Les risques cités par les sources
La HAS écrit, dans une même phrase : « Compte tenu de leur efficacité, qui n’est pas remise en cause, notamment sur les bouffées vaso-motrices et sur l’os, les THM ont une place dans la stratégie thérapeutique des troubles du climatère et dans la prévention de l’ostéoporose post-ménopausique, mais leur utilisation ne peut pas être recommandée pour toutes les femmes compte tenu de leur profil de tolérance comportant de multiples risques touchant différents organes : système veineux, cardiovasculaire, sein, ovaire, endomètre. »
Sur le risque veineux, l’Inserm précise : « Le risque de maladies veineuses thromboemboliques (phlébite profonde, embolie pulmonaire) est multiplié par 2 chez les femmes traitées avec des œstrogènes par voie orale, mais il est inexistant lorsque ces hormones sont administrées par voie cutanée, en association avec la progestérone micronisée ou la dydrogestérone. »
Sur le cancer du sein, l’Inserm chiffre ainsi le sur-risque : « […] un risque de cancer du sein concerne en moyenne 50 femmes de 50 à 60 ans sur 1 000, mais ce chiffre passe à 52/1 000 parmi celles traitées par un THM durant 5 ans, et à 56/1 000 lorsqu’elles sont traitées 10 ans. »
La HAS signale un risque identifié depuis sa précédente réévaluation : « Suite à l’identification, depuis la précédente réévaluation, du risque de méningiome en lien avec l’utilisation de certains progestatifs, à savoir l’acétate de chlormadinone, le nomégestrol, la médrogestone, ceux-ci n’ont plus de place dans la prise en charge des femmes ménopausées. »
Ce que dit la HAS sur la décision de prescrire
La HAS décrit cette décision ainsi :
« La décision de prescrire un traitement hormonal de la ménopause implique une évaluation rigoureuse, initiale et a minima annuelle, de leur balance bénéfices/risques au regard des caractéristiques de la femme ménopausée, prenant en compte notamment l’âge de survenue de la ménopause, le délai depuis la survenue de la ménopause, la présence d’antécédents et l’identification de facteurs de risque en rapport avec les effets cardiovasculaire (AVC), veineux, carcinologiques du THM. »
Elle maintient ses préconisations de 2014 : « de bien peser l’intérêt du traitement hormonal eu égard aux symptômes et à leur impact sur la qualité de vie de la patiente », « de prescrire ces traitements dans le respect de leurs mises en garde et contre-indications », et rappelle qu’« avant d’instaurer ou de réinstaurer un THM, un examen clinique et gynécologique complet (y compris analyse des antécédents familiaux) doit être effectué. »
Des situations où le THM n’est pas recommandé
L’Inserm situe une limite temporelle : « Il n’est généralement pas recommandé de le prescrire plus de 10 ans après le début de la ménopause. Il est par ailleurs contre-indiqué chez les femmes qui ont des antécédents personnels d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. »
Et maintenant
Les citations réunies ci-dessus décrivent une évaluation individuelle, initiale puis annuelle, « au regard des caractéristiques de la femme ménopausée ». Ni cet article ni aucun contenu de ce site ne se substitue à cette évaluation : elle relève d’un professionnel de santé, avec l’examen clinique que la HAS décrit ci-dessus.
Sources
Autorités sanitaires françaises et européennes uniquement. Chaque lien a été ouvert et lu à la date indiquée.
- Inserm — Dossier « Ménopause » : une meilleure sécurité d'utilisation des traitements hormonaux Consultée le 25 août 2026
- HAS — Réévaluation des spécialités indiquées dans le traitement hormonal de la ménopause (avis de la Commission de la Transparence du 24 septembre 2025) Consultée le 25 août 2026