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L'Ossature

Combien de pas par jour : ce que recommandent les autorités

Combien de pas viser et les bienfaits de la marche rapide ou nordique : les repères de la HAS, entre 7 000 et 10 000 pas par jour, sans en faire un dogme.

Solène Geoffroy · Diététicienne nutritionniste · RPPS 10008219734 Publié le · 6 min de lecture

Il est recommandé par les autorités de santé de viser un ordre de grandeur de 7 000 à 10 000 pas par jour. La Haute Autorité de santé (HAS) écrit que, « chez les sujets sains, pour être en bonne santé, 10 000 pas quotidiens sont recommandés, entre 7 000 et 10 000 chez les sujets de plus de 65 ans », avec « des effets déjà bien démontrés sur la mortalité ».

La même source précise aussitôt que ce chiffre « ne doit pas être établi ni imposé comme un dogme ». Un nombre de pas inférieur au repère a déjà, selon la HAS, « des impacts positifs », et c’est la progression qui compte : mieux vaut augmenter graduellement son activité que courir après un objectif rond. Les bienfaits de la marche décrits plus bas sont établis à l’échelle d’une population : ce sont des repères, pas des prescriptions individuelles.

Le repère : entre 7 000 et 10 000 pas par jour

Le chiffre de 10 000 pas correspond, dans le guide de la HAS, « à la quantité totale de pas dans la journée », c’est-à-dire à des déplacements d’intensités variables, y compris de faible intensité. La HAS l’estime équivalent à « 1 h 30 à 2 h de marche » cumulées sur la journée, gestes ordinaires compris.

Pour les personnes de plus de 65 ans, la fourchette basse retenue est de 7 000 pas. En dessous du repère, l’effet n’est pas nul : les données citées par la HAS décrivent une relation dose-réponse, où « chaque pas en plus est bénéfique pour la santé ». La HAS rapporte par ailleurs « un lien entre le nombre de pas par jour et les résultats pour la santé, en particulier une réduction de l’incidence des événements cardio-vasculaires et du risque de diabète de type 2 ».

Pourquoi 10 000 pas n’est pas un chiffre magique

Le seuil de 10 000 pas est né d’une campagne commerciale japonaise des années 1960, pas d’un essai clinique. Les autorités de santé l’ont repris comme repère pratique tout en le relativisant : la HAS indique explicitement que « cet objectif de 10 000 pas journalier ne doit pas être établi ni imposé comme un dogme ».

Autrement dit, le nombre de pas est un outil de suivi commode — un podomètre ou un téléphone suffit — mais pas une note à obtenir chaque jour. Les données suggèrent que le bénéfice augmente progressivement avec le volume d’activité, sans effet de seuil brutal à 10 000.

Augmenter progressivement : + 1 000 à 3 000 pas par semaine

Plutôt qu’un objectif fixe, la HAS recommande une démarche graduelle : « augmenter son nombre de pas progressivement (+ 1 000 à 3 000 pas hebdomadaires) ». Concrètement, une personne à 4 000 pas par jour ne vise pas 10 000 la semaine suivante, mais 5 000 à 6 000, puis ajuste.

Cette logique de progression rejoint celle de l’activité physique en général. L’Inserm, dans son expertise collective, situe le repère d’endurance des adultes à « 30 minutes 5 jours par semaine » d’intensité modérée, ou « 20 minutes 3 jours par semaine » d’intensité élevée. La HAS exprime un volume voisin autrement : « 150 à 300 minutes » d’activité aérobie d’intensité modérée par semaine — un total qui se construit lui aussi par paliers.

Tous les pas ne se valent pas : l’intensité compte

Dans les 10 000 pas d’une journée, écrit la HAS, « il y a en moyenne 3 000 pas d’intensité au moins modérée, qui sont l’équivalent des 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée recommandées ». Le reste — les allers-retours dans la maison, le trajet lent jusqu’à la boîte aux lettres — compte dans le total sans peser autant sur la santé.

La conséquence pratique : un total de pas honorable obtenu uniquement à petite allure vaut moins qu’un total plus modeste comportant un vrai bloc de marche soutenue. C’est le cœur qui doit être un peu sollicité, pas seulement le compteur qui doit tourner.

Les bienfaits de la marche selon les autorités de santé

Les effets que la HAS associe au fait de marcher régulièrement sont peu nombreux mais bien documentés. La HAS rapporte « un lien entre le nombre de pas par jour et les résultats pour la santé, en particulier une réduction de l’incidence des événements cardio-vasculaires et du risque de diabète de type 2 ». Pour le repère de 10 000 pas, elle mentionne « des effets déjà bien démontrés sur la mortalité ».

Aucun de ces bénéfices n’est conditionné à l’atteinte d’un seuil précis : les données citées par la HAS décrivent une relation dose-réponse, où « chaque pas en plus est bénéfique pour la santé ». Une marche quotidienne modeste apporte donc déjà quelque chose, et le gain s’accroît avec le volume plutôt que de s’enclencher à un chiffre rond — c’est aussi pourquoi la HAS déconseille de traiter les 10 000 pas comme un objectif à valider chaque jour.

Marche rapide, marche nordique : monter en intensité sans matériel

La HAS classe « la marche rapide (ou la marche nordique avec des bâtons) » parmi les activités « d’intensité modérée bien tolérée ». C’est le type d’effort qui alimente les 3 000 pas « utiles » d’une journée — ceux que la HAS présente comme « l’équivalent des 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée recommandées ». Le repère d’allure : un rythme où l’on peut encore parler, mais plus chanter.

La marche à allure naturelle, elle, « peut être d’intensité légère, modérée ou élevée » selon le terrain et l’allure. Pour qu’une promenade compte comme activité d’endurance, il suffit souvent d’accélérer sur une portion du trajet, d’ajouter une côte, ou de prendre des bâtons. Marche rapide et marche nordique n’exigent ni salle ni matériel coûteux : ce sont des moyens simples d’atteindre l’intensité modérée que visent les recommandations.

Marcher entretient, le renforcement musculaire préserve

Compter ses pas répond à une partie de l’enjeu, pas à toute. La marche entretient le cœur, l’humeur et le métabolisme, mais elle n’envoie pas au muscle le signal de force qui freine la fonte musculaire liée à l’âge. C’est pourquoi les mêmes recommandations associent toujours endurance et renforcement : l’Inserm préconise des exercices de renforcement musculaire « au minimum 2 jours, non consécutifs, par semaine », un repère que la HAS reprend à l’identique.

Le détail de ce travail contre résistance, et la raison pour laquelle il ne se remplace pas par du cardio, sont développés dans masse musculaire après 45 ans et dans cardio ou renforcement chez la femme. Le nombre de pas et les deux séances de renforcement sont deux repères complémentaires, pas concurrents.

Ce qu’il faut retenir

Les autorités de santé situent le repère entre 7 000 et 10 000 pas par jour, dont environ 3 000 à allure soutenue pour équivaloir aux 30 minutes d’activité modérée recommandées. La HAS insiste : ce n’est pas un dogme, un volume inférieur est déjà utile, et la progression (+ 1 000 à 3 000 pas par semaine) prime sur le chiffre. Marcher ne dispense pas des deux séances hebdomadaires de renforcement musculaire, qui répondent à un besoin différent.

Ces repères sont généraux et valent pour une population adulte sans contre-indication. Le volume d’activité adapté à votre situation — antécédents cardiaques, articulaires ou respiratoires, reprise après une longue interruption — se définit avec un médecin ou un enseignant en activité physique adaptée.

Sources

Autorités sanitaires françaises et européennes uniquement. Chaque lien a été ouvert et lu à la date indiquée.

  1. HAS — Guide des connaissances sur l'activité physique et la sédentarité (juillet 2022, p. 16-17) Consultée le 31 août 2026
  2. Inserm — Expertise collective « Activité physique : prévention et traitement des maladies chroniques », chapitre 26 Consultée le 31 août 2026

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